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Marchés chinois : un repli atténué par les espoirs de relance malgré les tarifs de Trump

Chine
Drapeaux chinois et américain. Getty Images

Les actions chinoises ont chuté mercredi après que l’administration Trump a relevé les droits de douane sur le pays au-delà de 50 %. Toutefois, un certain optimisme demeure : certains investisseurs misent sur de nouvelles mesures de relance de Pékin pour atténuer l’impact des tensions commerciales avec les États-Unis.

 

Alors que les principaux marchés asiatiques ont chuté après l’annonce des nouveaux droits de douane imposés par le président américain Donald Trump – comprenant une taxe de base de 10 % ainsi que des surtaxes ajustées en fonction des tarifs appliqués par chaque pays et d’autres restrictions aux importations américaines –, les actions chinoises ont partiellement rebondi. L’indice CSI 300, qui avait perdu jusqu’à 1,1 %, a réduit ses pertes de moitié pour clôturer en baisse de 0,5 % à 14h15. De son côté, l’indice Hang Seng, après avoir reculé jusqu’à 2,2 % dans la matinée, affichait une baisse de 1,5 % à la mi-journée.

Bien que le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ait appelé à éviter toute mesure de rétorsion, Pékin a immédiatement réagi en promettant des contre-mesures encore non spécifiées. Le nouveau régime tarifaire de Donald Trump, qui entrera en vigueur le 5 avril, portera les droits de douane sur les importations chinoises à 54 %, se rapprochant ainsi des 60 % qu’il avait promis lors de sa campagne électorale. La Chine devient ainsi l’une des cibles principales des efforts américains visant à remodeler le commerce mondial. Par ailleurs, M. Trump a annoncé la suppression de la règle « de minimis », qui permettait jusqu’ici aux colis d’une valeur inférieure ou égale à 800 dollars d’entrer aux États-Unis sans être taxés.


« Je pense que les investisseurs s’attendaient à ces droits de douane et misent sur une intervention du gouvernement sous la forme d’un renforcement des mesures de relance pour compenser ces vents contraires », a déclaré par courriel Kai Wang, analyste principal des actions chez Morningstar à Hong Kong. Il ajoute que certaines entreprises cotées sur les indices chinois sont axées sur les services domestiques, un secteur qui pourrait être relativement épargné par ces hausses tarifaires.

Xin-Yao Ng, directeur des investissements pour les actions asiatiques chez Aberdeen à Singapour, se montre plutôt confiant face à la hausse des droits de douane. « Je ne suis pas si pessimiste », déclare-t-il par courriel. Il souligne que de nombreuses entreprises chinoises cotées en bourse ont réduit leur exposition aux États-Unis et que les autorités de Pékin pourraient adopter de nouvelles mesures pour soutenir l’économie. Malgré des vents contraires croissants, la Chine maintient son objectif de croissance d’environ 5 % en 2025, en misant davantage sur la consommation intérieure alors que le secteur de l’exportation subit une pression accrue.

« Depuis le début de l’année, j’ai réorienté mon exposition à la Chine vers le marché intérieur, et cette décision me semble d’autant plus pertinente aujourd’hui », affirme Xin-Yao Ng.

Cependant, certaines valeurs chinoises ont souffert de la situation liée aux droits de douane américains. C’est le cas de Shenzhou International, fabricant de vêtements coté à Hong Kong et dirigé par le milliardaire Ma Jianrong, dont l’action a chuté de 17,5 % mercredi. Fournisseur de grandes marques de vêtements de sport, l’entreprise tire 17 % de son chiffre d’affaires des États-Unis, selon Morningstar.

Dans une note de recherche publiée mercredi, Kai Wang conseille aux investisseurs de privilégier les actions qui profiteront d’éventuelles mesures de relance en Chine.

« À l’exception des secteurs liés à la fabrication de biens, aux batteries de voiture ou aux appareils électroménagers, l’exposition directe aux États-Unis reste limitée, puisque plus de 95 % des revenus proviennent du marché chinois », écrit-il. « En revanche, certains fabricants de vêtements pourraient afficher des performances décevantes, leurs chaînes d’approvisionnement au Vietnam et au Cambodge ayant été épargnées par la pression des droits de douane. »

 

Une contribution de Yue Wang pour Forbes US – traduit par Lisa Deleforterie


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