Le chef de l’État a reçu les représentants de principaux secteurs concernés à l’Élysée, moins de 24 heures après la décision de Donald Trump d’instaurer une taxe 20% pour les produits en provenance d’Europe.
Après le choc, la réponse. Quelques heures après l’annonce de Donald Trump d’augmenter les droits de douanes avec la plupart des pays, Emmanuel Macron a rencontré les principaux secteurs concernés. Les représentants de l’aéronautique, du vin, mais aussi de l’électronique ou encore de la cosmétique ont été reçus à l’Élysée. Le chef de l’État a dénoncé une décision « brutale et infondée » et a intimé à ses interlocuteurs du jour de « suspendre » leurs investissements outre-Atlantique « tant qu’on n’a pas clarifié les choses avec les États-Unis d’Amérique ».
« Quel serait le message d’avoir des grands acteurs européens qui se mettent à investir des milliards d’euros dans l’économie américaine au moment où ils sont en train de nous taper », a-t-il déclaré.
La veille, la Maison-Blanche avait annoncé la mise en place de droits de douane à hauteur de 20% pour tous les produits en provenance d’Europe. Ces taxes qui rentreront en vigueur le 9 avril s’ajoutent à celles de 25% déjà annoncées par Donald Trump sur l’aluminium, l’automobile et l’acier. « Cette décision va toucher tous les secteurs pour nos économies », a avancé Emmanuel Macron qui également dénoncé les « tarifs exorbitants » appliqués à certains territoires ultramarins comme La Réunion ou Saint-Pierre-et-Miquelon (50%).
« Jouer européen »
Évoquant un « choc pour le commerce international […] et le bon fonctionnement du commerce », le président français a demandé aux participants de travailler par secteur et de « jouer européen ». « Les plus gros auront tendance à jouer solo, et ce n’est pas une bonne idée, a-t-il souligné. Nous avons une force, un marché de 450 millions d’habitants ». Le président aurait-il peur que sa demande reste lettre morte alors que des groupes comme CMA CGM ou encore LVMH ont annoncé des investissements importants aux États-Unis ? En 2023, la France était le 5e investisseur aux États-Unis avec 370 milliards de dollars mis sur la table dans le pays, selon le BEA (Bureau of Economic Analysis).
Mais pourquoi vouloir répondre aussi fermement alors que les exportations vers les États-Unis ne représentent que 1,6 % du PIB national et 6,2 % des ventes totales à l’international ? Le gouvernement et les entreprises redoutent des répercussions significatives sur certains secteurs clés, notamment la fabrication de moteurs et turbines (5,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires), l’aéronautique (4 milliards), ainsi que les industries du vin et des spiritueux (3,9 milliards) et des parfums et cosmétiques.
D’autant que la France sera également affectée par les conséquences négatives de la politique américaine sur ses principaux partenaires commerciaux, notamment l’Allemagne et l’Italie. Dans ce contexte, Alexandre Scoot de Goldman Sachs estime dans Les Échos que le relèvement des droits de douane va amputer le PIB tricolore de 0,4 point cette année, pour une prévision de croissance de 0,5%. En dessous des 0,8% attendus par le gouvernement.
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