Rechercher

Du Cœur à la Main : Dolce & Gabbana expose son savoir-faire à Paris

DU COEUR A LA MAIN
DU_C_UR_A_LA_MAIN_EXHIBITION_ARCHITECTURAL-AND-PICTIORIAL_PH.MARK_BLOWER_0222 (1).jpg

Présentée au Grand Palais jusqu’au 31 mars 2025, l’exposition Du Cœur à la Main retrace l’engagement de Dolce & Gabbana en faveur des savoir-faire traditionnels italiens. Plus de 200 tenues issues des collections d’Alta Moda et d’Alta Sartoria y sont exposées, accompagnées d’accessoires, de bijoux et d’objets d’art, illustrant ainsi l’influence de la culture italienne sur le travail des créateurs.


portrait florence muller credit jean piconÀ la tête de cette exposition, Florence Müller, historienne de l’art et spécialiste de la mode, a conçu un parcours qui met en lumière les liens étroits entre les savoir-faire artisanaux et la couture. Diplômée de l’École du Louvre et de l’Institut d’Art et d’Archéologie, elle a dirigé le département mode du musée des Arts décoratifs de Paris et a travaillé sur de nombreuses expositions consacrées aux grandes maisons de couture.

“Ce qui me fascine chez Dolce & Gabbana, c’est qu’ils rendent hommage à ces références artistiques tout en y ajoutant leur vision contemporaine”, explique Florence Müller, que nous avons eu l’occasion d’interviewer dans le cadre de cette exposition.

La collaboration, au cœur de la création de cette exposition  

Lorsqu’il a été question de mettre sur pied Du Cœur à la Main, Domenico Dolce et Stefano Gabbana ont choisi de confier la curation à Florence Müller pour construire une exposition qui “ne se limite pas à une simple rétrospective, mais qui raconte une histoire : celle de l’artisanat au cœur de la création.”


“Quand j’ai commencé à travailler sur cette exposition, j’ai eu accès aux archives et aux ateliers de la maison”, raconte Florence Müller. “Ce qui m’a frappée, c’est l’incroyable diversité des savoir-faire qu’ils mobilisent. Leur approche est profondément ancrée dans la tradition, mais ils ne se contentent pas de préserver ces techniques : ils les font évoluer.”

Tout au long du processus, Florence Müller a travaillé en étroite collaboration avec les créateurs pour affiner la sélection des pièces.

“Il fallait faire une sélection rigoureuse, car le patrimoine de la maison est immense. Certaines pièces s’imposaient comme des évidences, notamment celles où l’on voit ce dialogue entre tradition et innovation”, explique-t-elle. “L’une des robes qui me touche particulièrement est celle portée par Naomi Campbell lors du défilé au lac de Côme. C’est un exemple parfait de travail de plumassier dans ce qu’il a de plus exceptionnel. Chaque détail, chaque broderie témoigne du travail des artisans qui font vivre ces savoir-faire.”

L’artisanat, un héritage vivant dans la création

L’exposition met en avant les différents métiers d’art qui participent à l’élaboration des collections de Dolce & Gabbana. De la broderie aux techniques complexes de tissage, chaque pièce rend hommage au savoir-faire des artisans brodeurs, tisserands, orfèvres et tailleurs qui participent à chaque collection.

“L’intelligence de la main, c’est ce qui fait la différence dans la couture”, affirme Florence Müller. “Chaque robe, chaque détail raconte une histoire et met en avant des savoir-faire ancestraux qui se perpétuent. L’artisanat n’est pas qu’un décor, c’est un langage.”

Certaines tenues illustrent particulièrement cette transmission du geste artisanal. On découvre des ornements inspirés des mosaïques byzantines, réalisés avec des perles et des fils d’or appliqués à la main selon des procédés traditionnels. D’autres dévoilent des broderies complexes, conçues dans des ateliers où ces techniques se transmettent depuis des générations.

Un espace est également consacré aux textiles et étoffes précieuses, mettant en avant des techniques de tissage et de teinture spécifiques à l’artisanat italien, comme les soieries inspirées des majoliques siciliennes et du baroque napolitain.

du coeur a la main exhibition sicilian tradition phmark blower 0106

“Dolce & Gabbana est parmi les rares maisons qui travaillent avec des artisans italiens, soit intégrés et formés dans leurs ateliers, soit indépendant comme la maison Tessitura Luigi Bevilacqua qui produit des tissus vénitiens sur des métiers du XVIIIème siècle. “, souligne Florence Müller. “Ils ont un profond respect pour le patrimoine et s’efforcent de le faire vivre à travers leurs collections.”

Un autre aspect essentiel de l’exposition est l’influence de l’histoire de l’art sur la création. Certaines tenues s’inspirent directement des peintures de la Renaissance, tandis que d’autres rappellent l’esthétique baroque à travers des broderies opulentes et des volumes spectaculaires.

“Dolce & Gabbana se nourrissent du passé, mais ils ne sont jamais figés dans la nostalgie”, explique Florence Müller. “Ils prennent des éléments issus des corsets du XVIIIe siècle, des broderies siciliennes, mais les réinterprètent toujours avec une liberté totale.”

du coeur a la main exhibition the leopard phmark blower 0257

Une mise en scène pensée comme une expérience immersive

L’exposition a été pensée comme une véritable immersion dans l’univers de Dolce & Gabbana. Pour cela, Florence Müller s’est entourée des scénographes Laurent Teboul et Nathalie Elmaleh pour créer des décors évoquant les sources d’inspirations des défilés ainsi que les lieux historiques où ils ont été présentés, comme le temple de la Concorde à Agrigente (pour une collection inspirée de l’art grec).

“Nous avons travaillé main dans la main avec les scénographes pour proposer une lecture visuelle forte de l’univers de Dolce & Gabbana”, précise Florence Müller. “Chaque salle plonge les visiteurs dans un aspect spécifique de leur créativité : l’artisanat, le rapport à l’Italie, la célébration du fait main.”

Au fil du parcours, les visiteurs sont transportés dans des univers différents : des salons inspirés des palais italiens aux espaces évoquant les rues animées de Naples. L’attention portée aux détails scénographiques permet de donner vie aux créations et d’en souligner la richesse culturelle. Une exposition à absolument découvrir au Grand Palais jusqu’au 31 mars 2025.

À lire également : Dubuffet : comment une œuvre d’artiste peut-elle naître après sa disparition ?

Vous avez aimé cet article ? Likez Forbes sur Facebook

Newsletter quotidienne Forbes

Recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité business et entrepreneuriat.

Abonnez-vous au magazine papier

et découvrez chaque trimestre :

1 an, 4 numéros : 30 € TTC au lieu de 36 € TTC