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Jérôme Le Roy (La Ferme Digitale) : « On veut faciliter la création d’IA agricoles adaptées aux besoins des exploitants »

Jérôme Le Roy, Président de La Ferme Digitale.
Jérôme Le Roy, Président de La Ferme Digitale.

À l’occasion du Salon International de l’Agriculture qui se déroule à Paris cette semaine, Jérôme Le Roy, fondateur de Weenat et Président de La Ferme Digitale, revient sur le rôle de l’intelligence artificielle pour les agriculteurs et l’avenir de la transition numérique et environnementale pour la filière.

Fondée en 2014, Weenat fournit aux agriculteurs des solutions mobiles et connectées qui permettent de mieux gérer ses ressources et son impact environnemental à partir de données météo. Depuis 2021, Jérôme Le Roy est aussi le Président de La Ferme Digitale, une association fondée par 5 start¬-up ayant pour objectif de promouvoir l’innovation et le numérique pour une agriculture performante, durable et citoyenne.

 

Forbes France : Comment se passe le Salon de l’Agriculture cette année ?

Jérôme Le Roy : Cette année marque la 9ᵉ participation de La Ferme Digitale au Salon de l’Agriculture. Nous y présentons 44 entreprises parmi nos 145 membres et organisons 55 conférences thématiques sur des sujets cruciaux comme l’impact carbone, la biodiversité et l’agriculture régénératrice. L’un des enjeux majeurs du secteur aujourd’hui est notamment la volatilité des prix alimentaires, nous mettons en avant de nombreuses solutions technologiques qui permettent aux agriculteurs d’optimiser leurs pratiques et leur revenu.

Hier, nous avons organisé le hackathon Gaia, un moment fort du Salon. Chaque année, 8 à 10 équipes travaillent pendant 30 heures sur des cas d’usage soumis par les professionnels du secteur. Cette fois, nous avons mis l’accent sur le développement d’un prototype d’agent IA basé sur des données à la fois open-source et privées. L’enjeu est clair : offrir aux agriculteurs un accès à des données de qualité, directement utilisables dans leur quotidien. Notre objectif est de financer un an de prototypage pour transformer ces idées en solutions concrètes, qui peuvent déboucher soit par la création de start-up, par des collaborations public-privé ou encore des créations de spin-off de grands groupes.

 

Qu’est-il resté du hackathon de l’an passé ?

Les éditions précédentes ont déjà donné naissance à des projets prometteurs, comme Dairy Cool, un outil d’optimisation de la gestion thermique pour le bien-être animal dans les élevages laitiers, Vachement Fertile, qui exploite l’IA pour recommander les meilleures pratiques de fertilisation organique, ou encore Pâture Smart, une solution d’aide à la gestion du pâturage grâce à l’analyse de données satellitaires et météorologiques. Ces innovations montrent le potentiel immense de l’IA appliquée à l’agriculture.

Le projet Gaia, porté par La Ferme Digitale et OSFarm, va encore plus loin. Son ambition est de démocratiser l’IA dans le monde agricole en développant des solutions ouvertes, accessibles et adaptées aux besoins réels des exploitants. Gaia adopte une approche frugale et collaborative : les briques logicielles les plus performantes sont intégrées pour que chaque utilisateur puisse déployer l’IA sur ses propres serveurs ou applications. Cet écosystème permet une innovation rapide, évitant à chacun de repartir de zéro et facilitant l’émergence de solutions concrètes.

 

L’IA agricole était quasi-absente des discussions du Sommet IA en France. Pourquoi l’agriculture devrait-elle s’en emparer ?

L’agriculture est un domaine où l’IA peut avoir un impact profond. Prenons un exemple concret : la gestion de l’eau en période de sécheresse. Un agent IA bien conçu pourrait aider les agriculteurs à optimiser leur consommation d’eau pour l’alimentation du bétail, préservant ainsi à la fois leurs ressources et leur rentabilité.

Or, nous constatons que les grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT ne sont pas adaptés à la réalité agricole. Les agriculteurs ont besoin de réponses spécifiques et contextualisées : “Puis-je implanter un bâtiment ici ? “, “À quel prix vais-je vendre cet animal ?”, “Quelle culture dois-je prévoir en rotation ?”. C’est pour cela que nous voulons développer un agent IA agricole de confiance, qui répond à leurs besoins réels.

Nous appelons les pouvoirs publics à soutenur ces initiatives . Aujourd’hui, ils investissent massivement dans les biosolutions et la robotique, ce qui est essentiel. Mais le prochain grand défi sera l’IA agricole. Il faut sensibiliser le secteur, identifier les cas d’usage et fournir aux acteurs les outils pour s’en emparer rapidement.

 


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