Dans la nuit du 2 au 3 avril 2025, Donald Trump a annoncé de nouveaux droits de douane universels, avec une hausse allant jusqu’à 20 % sur les importations en provenance de l’Union européenne. Cette décision a immédiatement déclenché une vague de réactions en Europe, où dirigeants et institutions s’organisent pour répondre.
Face à l’augmentation soudaine des droits de douane imposée par Donald Trump cette nuit, l’Union européenne prépare une contre-offensive économique. Entre mesures de rétorsion et appels à la négociation, Bruxelles veut montrer sa fermeté tout en évitant une escalade dangereuse pour l’économie mondiale.
Risques de guerre commerciale mondiale
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a vivement critiqué cette mesure, la qualifiant de « menace majeure pour l’économie mondiale ». Depuis Samarcande, en marge d’un sommet UE-Asie centrale, elle a annoncé que l’Union européenne finalisait un premier ensemble de contre-mesures, incluant des tarifs de représailles visant jusqu’à 26 milliards d’euros de produits américains.
De son côté, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a exprimé son inquiétude quant aux répercussions mondiales de ces tarifs. Dans une interview accordée à Newstalk, elle a souligné que ces mesures nuiraient à l’économie mondiale, affectant tant les pays imposant les tarifs que ceux prenant des mesures de rétorsion.
Si l’Union européenne s’accorde sur la nécessité de répondre aux nouveaux tarifs américains, les avis divergent sur l’ampleur de la contre-offensive à adopter. Certains dirigeants plaident pour une réponse immédiate et sévère, tandis que d’autres privilégient la négociation pour éviter une escalade aux lourdes conséquences économiques.
Réunion exceptionnelle à l’Élysée
Le président français Emmanuel Macron a prévu de réunir ce jeudi les « représentants des filières impactées » par les droits de douane annoncés par Donald Trump. Cette réunion vise à évaluer les conséquences de ces mesures et à coordonner une réponse appropriée.
Son Premier ministre, François Bayrou, a déclaré que cette décision représentait une « catastrophe pour le monde de l’économie » et une « immense difficulté pour l’Europe ». Il a également souligné que cette mesure serait également une « catastrophe pour les États-Unis et pour les citoyens américains ».
Enfin, Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, a indiqué que l’Europe devait « assumer une forme de rapport de force » face aux menaces de droits de douane de Donald Trump, appelant à être « mordant » face au président américain. Il a souligné la nécessité pour l’Union européenne de répondre de manière ferme et unie aux mesures protectionnistes américaines.
Divergences européennes sur la riposte à adopter
De l’autre côté du Rhin, le chancelier allemand Olaf Scholz a averti que les tarifs imposés par les États-Unis nuiraient à l’économie américaine, même en l’absence de représailles européennes. Il a mis en avant la complexité des chaînes d’approvisionnement mondiales et les effets négatifs potentiels de telles mesures protectionnistes.
Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol, a annoncé la mobilisation de 14,1 milliards d’euros à travers le Plan de Réponse et de Relance Commerciale pour contrer les effets négatifs des droits de douane imposés par l’administration de Donald Trump. Il a qualifié les mesures américaines de retour au protectionnisme du XIXᵉ siècle et a exhorté Trump à négocier avec l’Union européenne, avertissant que la guerre commerciale nuirait aux deux parties.
Enfin, la Première ministre italienne Giorgia Meloni affiche une posture plus ambivalente. Si elle se dit favorable à des mesures de rétorsion ciblées, elle insiste sur la nécessité de préserver certains secteurs stratégiques des représailles, notamment l’industrie agroalimentaire italienne, fortement dépendante du marché américain.
Ces divergences montrent à quel point l’Union européenne doit encore trouver un consensus sur l’ampleur de sa riposte, alors que le temps presse face à la montée des tensions économiques entre les deux blocs. La situation évolue rapidement, et les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir des relations commerciales transatlantiques et la stabilité économique mondiale.
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