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Comment Bernard Arnault tente d’amadouer Trump pour échapper aux taxes douanières

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CHINA - OCTOBER 11: LVMH CEO Bernard Arnault on board his private jet between Beijing and Shanghai. in Shanghai, China on October 11, 2004. (Photo by Marc DEVILLE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le patron de LVMH joue de sa relation avec le président américain pour tenter d’échapper aux droits de douane de 200% que le républicain agite envers les vins spiritueux européens. 

Entre ces deux milliardaires, il règne une entente de longue date. Donald Trump et Bernard Arnault entretiennent une relation depuis plus de 40 ans. Et le patron de LVMH espère que ces liens privilégiés avec le volatile président américain lui permettront d’échapper aux droits de douanes imposés par la Maison Blanche auprès de nombreux secteurs de la filière du groupe français.

Destins croisés

Leurs routes se sont d’abord croisées dans les années 1980, alors que les deux hommes étaient d’« ambitieux promoteurs immobiliers à Manhattan », rapporte le Wall Street Journal. Le Français a tenté sa chance aux États-Unis, juste après l’élection de François Mitterrand comme président de la République. S’ensuit une reconversion dans le secteur de la mode et de luxe, avec le succès que l’on lui connaît. 

Les deux entrepreneurs ne se sont plus jamais vraiment perdus de vue. Après la victoire de Trump à l’élection présidentielle de 2016, Bernard Arnault devient l’un des premiers chefs d’entreprises étrangers rencontré par le président fraichement élu. Le patron de LVMH est reçu en grande pompe à la Trump Tower, quelques jours avant son investiture.

Deux ans plus tard, les deux milliardaires se retrouvent pour l’inauguration d’un atelier Louis Vuitton, au Texas. Coût de l’investissement pour LVMH : 50 millions de dollars (46 millions d’euros). Pour l’occasion, on affrète pour le Français un Air Force One, l’avion mythique des présidents américains. 

« Bernard, je veux te remercier pour ton travail, tu es vraiment un grand homme d’affaires, et même plus, tu es un visionnaire, tu es plus qu’un homme d’affaires, j’en connais plein des hommes d’affaires, mais des visionnaires, très peu : tu es un artiste », lui lance alors le républicain. 

Un premier mandat fructueux 

Au cours de ce premier mandat, Bernard Arnault profite de ses bonnes relations pour poursuivre l’implantation de son groupe outre-Atlantique. Outre le lancement de cette usine au Texas, le groupe acquiert l’icône du luxe américain Tiffany pour 14 milliards d’euros. Mieux, LVMH bénéficie d’un traitement tout particulier du président américain. Alors que l’ensemble des vins français se voient taxés à hauteur de 25%, en représailles aux subventions européennes accordées à Airbus, les marques du groupe en sont exemptées. 

Pour autant, rien ne certifie que l’imprévisible président américain sera aussi clément envers le groupe français, lorsqu’il agite depuis quelque temps la menace de fermer le marché américain aux producteurs européens de vins spiritueux en leur imposant une taxe de 200%. En coulisses, le groupe fait du lobbying actif pour échapper à ces sanctions. Bernard Arnault fait appel au service de S-3 Group, un lobby proche du Parti républicain. Selon les données du Sénat américain, le groupe a signé un contrat à hauteur de 240 000 dollars en 2024.

Un réseau entretenu avec soin

Reste que le Français sait entretenir ses relations. En juillet dernier, le milliardaire est venu aux nouvelles du républicain, quelques heures après la tentative d’assassinat à laquelle il venait d’échapper. Le 20 janvier, Bernard Arnault était aux premières loges de la prestation de serment de Donald Trump sous la coupole du Capitole. Seul représentant officiel de la France, le milliardaire avait fait le déplacement en compagnie de sa femme, Hélène Mercier-Arnault, sa fille, Delphine Arnault, PDG de Christian Dior, et l’un de ses trois fils, Alexandre Arnault, vice-président du joaillier new-yorkais Tiffany.

Quelques jours plus tard, le patron de LVMH louait le pays pour son attractivité : « On a l’impression, aux États-Unis, qu’on vous y accueille à bras ouverts », assurait-il lors de la présentation des résultats annuels du groupe (un quart de ses 84,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 ont été réalisés aux États-Unis).

Bernard Arnault entretient également des liens avec l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, mis à la tête du département de l’Efficacité gouvernementale de l’administration Trump. En juin 2023, le patron de Tesla, de passage à Paris pour le salon Vivatech, avait été reçu sur la terrasse du luxueux hôtel Cheval Blanc par le Français. La plus grande fortune tricolore a aussi invité l’entrepreneur à sa remise de la Grand Croix de la Légion d’honneur à l’Élysée. Des liens stratégiques pour l’homme d’affaires qui cherche avant tout à protéger son empire.


Lire aussi : Classement milliardaires : Bernard Arnault maintient sa place au top 5 des fortunes mondiales en janvier 2025

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