Le ministre de l’Économie a néanmoins signalé que l’objectif principal était le retour « à la table de négociations ».
Après Emmanuel Macron, c’est au tour du ministre de l’Économie de monter au créneau. Face aux droits de douane de 20% annoncés par Donald Trump, mercredi, Eric Lombard promet une riposte qui « peut aller au-delà des droits de douane » au micro de RMC/BFM. L’objectif principal reste néanmoins de « tout faire pour (…) échapper » à cette guerre commerciale.
Donald Trump est « un négociateur, il a mis sur la table une proposition agressive, nous allons y répondre », a-t-il soutenu. Et d’ajouter : « On va riposter sur un ensemble de produits sur lequel on ne risque pas de désorganiser l’échelle de valeur en Europe. »
« La riposte peut être très vigoureuse et il ne faut pas qu’on riposte exactement avec les mêmes armes parce que si on fait comme les États-Unis (…), on va avoir aussi un effet négatif en Europe », avec inflation et baisse de la croissance, a indiqué Eric Lombard. Outre les droits de douanes, le ministre de l’Économie a évoqué la possibilité de sévir au niveau des normes, des échanges de données ainsi que des outils fiscaux.
Des conséquences sur la croissance
La riposte sera néanmoins « proportionnée », l’objectif étant de revenir « à la table des négociations ». « Nous avons tout à fait les moyens de négocier (…) pour obtenir un désarmement (des mesures annoncées, NDLR) le plus rapidement possible. Le dialogue se poursuit en permanence », a-t-il indiqué. Plus tard dans la journée, le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint Martin, en déplacement dans la Marne pour rencontrer les producteurs de champagne a confirmé que « le fil de la discussion avec les américains » n’était pas « perdu ».
En cas d’accord avec les États-Unis, « on peut encore avoir une année (…) de croissance, certes modérée mais positive », a estimé Éric Lombard. Autrement, « on sera, en termes de situation économique, dans une autre situation beaucoup plus difficile » a-t-il exposé. Alexandre Scoot de Goldman Sachs estime dans Les Échos que le relèvement des droits de douane va amputer le PIB tricolore de 0,4 point cette année, pour une prévision de croissance de 0,5%. En dessous des 0,8% attendus par le gouvernement. Néanmoins, le locataire de Bercy a écarté tout « effort supplémentaire dans le budget » ouvrant la porte à un déficit public plus élevé que les 5,4% initialement espérés en 2025.
Devant ce « moment historique », le ministre de l’Économie a appelé les entreprises tricolores à faire preuve de « patriotisme ». « Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d’ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains », a-t-il estimé. La veille, Emmanuel Macron avait reçu à l’Élysée, les représentants des principaux secteurs concernés par les droits de douane américains. Le chef de l’État avait intimé à suspendre les investissements outre-Atlantique. En 2023, la France était le 5e investisseur aux États-Unis avec 370 milliards de dollars mis sur la table dans le pays, selon le BEA (Bureau of Economic Analysis).
Lire aussi : Droits de douane : Emmanuel Macron appelle a stopper les investissements tricolores aux Etats-Unis
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