Le 18 septembre 2024, Omar Harfouch était ovationné au Théâtre des Champs-Élysées. Un Concert pour la Paix, qu’il a écrit et dont la direction était confiée à Mathieu Bonnin. Le pianiste et compositeur se produira à Rome, au Parlement Italien, le 29 avril. Il jouera à Béziers le 8 mai et le 17 juin à Monaco. Une tournée pour la paix.
Toujours ailleurs, toujours à sa place
Omar Harfouch est un homme du monde. À l’aise dans les mondanités. À sa place en tout point du globe. C’est un nomade moderne. Sa page Instagram donne à voir ses fréquentations. De Kevin Costner à Ibrahim Maalouf, d’Anthony Delon à Orlando Bloom, on y devine des amitiés qui s’abreuvent du cœur plutôt que des idées. Mais qui est-il ?
À cette question, il répond par le désir : « J’ai toujours voulu être pianiste et compositeur. Je n’ai jamais voulu être autre chose ». Les circonstances ont dévié la route, mais tout l’effort consiste à y revenir, inlassablement. Crises politiques, révolutions, petits et grands hasards de la vie, Omar Harfouch a connu l’aventure au sens fort, celle qui met en relation directe avec soi et les autres. Le fil biographique lui fait voir le jour dans un Liban en guerre et le fait grandir dans une Union Soviétique qu’il voit s’effondrer. Il assiste à la naissance de Républiques telles que la Russie, la Lituanie ou l’Ukraine, où il vivra et fera fortune en créant un groupe média.
Raconter le monde à sa façon
Resté dans ce pays, il y crée la première radio FM et s’y consacre jour et nuit. L’homme d’affaires se dresse alors, encouragé par un entourage qui espère voir le pianiste s’éloigner. Effectivement, les choses vont bon train. D’abord, les émissions s’adressent aux chauffeurs de taxi et autres routiers, ceux qui disposent de l’équipement requis pour capter les ondes. Et puis les ambassades ouvrent à Kiev. Omar Harfouch signe un contrat avec Radio France International et se voit inviter dans toutes les réceptions officielles. Il a une position sociale. Dorénavant, il compte, au point d’animer sa propre tranche horaire et d’y recevoir nombre de célébrités. Dorénavant, il a un réseau.
Omar Harfouch est un homme de média. En 2023, il rachète Entrevue. Certaines enquêtes font couler beaucoup d’encre. Pour protéger à la fois la ligne éditoriale et les journalistes, il s’appuie sur un réseau d’indépendants et achète des sujets qu’il juge dignes d’intérêt.
« Entrevue m’appartient. Le magazine n’est ni de gauche, ni de droite. Je défends l’idée d’une presse indépendante, même si c’est devenu très rare en France » – Omar Harfouch
Quand la création est un engagement
Et la musique dans tout cela ? L’alternative est simple : jouer pour soi-même ou arrêter de travailler. Les muses sont exigeantes. Heureusement, Omar Harfouch l’est aussi. L’invasion Russe en Ukraine sera l’occasion de commencer l’écriture de son Concerto pour la Paix. S’ensuit l’apprentissage de sa propre partition de pianiste, à travers le monde, au gré des temps morts, des escales, avec l’aide d’une répétitrice qui le suit dans ses pérégrinations. C’est difficile. Très difficile. Mais, au fond, qu’est-ce qui est simple ? L’ambition, lorsqu’elle se donne les moyens de s’accomplir, est payante. Le chef d’orchestre Mathieu Bonnin, séduit, décide de programmer ce concerto à Béziers, en première partie Concerto pour violon et orchestre de Mendelssohn. Dans les deux cas, au violon, Anne Gravoin. Consécration.
À son Concerto pour la Paix donné au Théâtre des Champs-Élysées, on a pu apercevoir un public des plus huppé. Catherine Deneuve, Marc Lavoine, Teddy Riner, Vladimir Cosma, Benjamin Castaldi, Jenifer, JoeyStarr, et tant d’autres encore. Des personnalités emblématiques de tous les champs culturels habités par une même idée en entrant dans le théâtre : « c’est la guerre ». En sortant, ils ressentaient une émotion bien distincte : la paix. En ce sens, ce concert fut un événement. Sur le plan médiatique, bien sûr, mais aussi sur le plan musical. Vingt minutes qui parlent au cœur. Qui font du bien.
Omar Harfouch, derrière son piano, donnait en réalité à entendre le fil rouge de son existence. Jouer, jouer, jouer pour les autres. À tel point que l’homme va au-devant de son public, qu’il salue individuellement, à rebours des conventions du milieu.
Depuis sa petite chambre sous les bombardements de Tripoli, à l’Opéra de Dubaï, à la Bibliothèque Apostolique du Vatican, à l’Institut du monde arabe : jouer partout et pour tous. Bientôt le Parlement Italien, Béziers et le Festival International de télévision de Monaco. La paix à de l’avenir.