Rechercher

Paiement et fintech : quel bilan pour 2024 et quelles tendances se dessinent pour 2025 ?

gettyimages 1302250077
Paiement et fintechs : quel bilan pour 2024 et quelles tendances se dessinent pour 2025 ?

2024 a été caractérisée par des bouleversements et une rapide évolution des usages liés au paiement vers toujours plus de digitalisation (paiement instantané, sans contact, etc). L’apparition du wallet européen de paiement Wero, la disparition progressive du cash qui s’accélère, le Click-to-Pay (paiement en un clic) ou encore l’élargissement de l’acceptation des outils de paiement aux enseignes sont autant de tendances qui ont accompagné cette année, et avec elle, 2024 a vu se multiplier les acteurs de paiement sur le marché (fintechs, startups de paiement, prestataires techniques, etc). Quel est le bilan du marché cette année et quelles tendances sont à prévoir pour 2025 ?

Une contribution de Nicolas Riegert, CEO et co-fondateur de PayXpert

 

L’année 2024 a été marquée par une accélération de la digitalisation des paiements, qui s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la continuation post-Covid a donné de l’élan à la transition vers des solutions de paiement dématérialisées, pour des raisons de confort et de sécurité. Par ailleurs, des avancées technologiques (biométrie, IA, démocratisation du QR code…) ont permis de rendre les paiements digitaux plus sûrs, fluides et accessibles. En conséquence, les commerçants auront tout intérêt à suivre le rythme de la digitalisation pour attirer et fidéliser leurs clients. L’intégration de solutions de paiement dématérialisées et omnicanales répond directement à cette demande. En effet, une étude d’Otaxis montre qu’un commerce en ligne réalise plus de ventes lorsqu’il dispose d’au moins un point de vente physique, et inversement. L’époque où l’on envisageait l’univers de l’e-commerce et du commerce de proximité comme antagonistes est bien révolue.


Click to Pay, Wero : quels sont les objectifs des dernières innovations en matière de paiement ?

 

Le “Click to Pay”, déployé récemment en France, vise à rendre les paiements en ligne plus simples, rapides et sécurisés. L’enjeu est de réduire le temps de transaction (réduction de 50% selon Mastercard) en offrant une expérience fluide pour l’utilisateur qui, une fois enrôlé n’a plus à rentrer ses informations alors qu’il finalise une transaction. Cette solution élimine la friction au moment du paiement, et améliore ainsi l’expérience d’achat des consommateurs, tout en permettant aux marchands de renforcer la fidélisation à leur marque.

Avec l’arrivée de Wero en octobre dernier, la nouvelle solution qui permet d’envoyer et de recevoir de l’argent en temps réel, l’Europe cherche à harmoniser et démocratiser l’accès au paiement instantané. Des solutions locales existaient déjà avec plus ou moins de succès en fonction des pays. Avec Wero, l’objectif est de permettre une utilisation pan-Européenne de cette méthode de paiement qui est également plus rapide, sécurisée, accessible et moins chère pour ses utilisateurs. L’un des grands défis est que les utilisateurs habitués à une méthode locale fassent le pas vers une solution globale, ce qui ne pourra se faire qu’avec l’adhésion des banques locales qui en feront la promotion.

 

DORA, IPR : quelles évolutions législatives pour 2025 ?

 

2025 sera une année d’évolution majeure concernant la cybersécurité et la protection des données dans le cadre du paiement. Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), qui vise à renforcer la résilience numérique des infrastructures financières, entré en vigueur le 17 janvier, impactera directement l’écosystème fintech. Des protocoles de sécurité stricts devront être mis en place pour éviter les interruptions de service. De son côté, l’IPR (Institutional Payment Regulation) devrait faciliter l’adhésion des fintechs aux normes de paiement européennes en renforçant la protection des utilisateurs. L’enjeu pour l’écosystème fintech va être d’anticiper ces nouvelles régulations et d’investir dans l’optimisation des systèmes de sécurité, en mettant en place des processus de conformité robustes, pour être prêts à adopter les nouvelles législations dès leur entrée en vigueur.

 

Comment les fintechs pourront garantir la sécurité des paiements et la protection des données des utilisateurs ?

 

La sécurité des paiements et la protection des données des utilisateurs ont toujours été des priorités pour les fintechs et d’autant plus dans le contexte actuel où la législation est renforcée et où chaque utilisateur s’inquiète légitimement de la sécurité de ses données. Dans le cadre de la DSP3 (Directive sur les Services de Paiement) et de la FIDA (Fraud Indicator and Detection Architecture), les fintechs devront veiller à mettre en place des mécanismes de détection de la fraude sophistiqués pour assurer une surveillance et une sécurité continue des transactions. Les technologies comme l’authentification forte, le datamining et plus récemment les solutions d’intelligence artificielle jouent un rôle clé dans la prévention de la fraude en permettant une analyse proactive des comportements suspects. Il est également essentiel d’adopter une approche intégrant dès le départ la protection des données dans les processus de développement.

 

Paiement accessible et RGAA

 

L’accessibilité numérique est une priorité pour l’ensemble des canaux digitaux, et notamment pour les paiements sur terminaux physiques et en ligne. Payer et régler ses achats en toute autonomie, de façon fluide et sécurisée, est un prérequis d’intégration à la vie économique et un droit dont les mal et non-voyants sont aujourd’hui privés en France comme en Europe, par manque de moyens technologiques. Face à ce constat, la législation a pris le pas avec l’obligation de respecter les nouvelles exigences RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité). Les entités qui ne seraient pas conformes aux réglementations pourraient désormais s’exposer à des sanctions.

Les institutions financières, les constructeurs et les éditeurs de logiciels doivent donc se mettre en ordre de bataille pour réaliser les ajustements nécessaires à la conformité. Il existe des solutions à intégrer dès la conception : aide vocale, lecture d’écran, et adaptation des processus de paiement pour les rendre inclusifs sur terminaux physiques et pages de paiement. Néanmoins on constate un manque d’harmonisation des solutions, notamment pour les paiements sur terminaux physiques. L’une des difficultés est d’obtenir des constructeurs de terminaux les éléments nécessaires dès la conception, pour des solutions parfaitement compatibles et pouvant être déployées à grande échelle. Par ailleurs, il faut sensibiliser les commerçants aux enjeux de l’accessibilité et les accompagner dans la mise en place de solutions conformes au RGAA, pour favoriser l’accès à tous, y compris les personnes âgées ou ayant des besoins particuliers qui représentent une partie croissante de la population.

 

En résumé, les fintechs, à l’aube de 2025, devront combiner innovation, sécurité, accessibilité, dans un environnement réglementaire toujours plus exigeant qui vise à protéger les consommateurs. En plus des nombreuses évolutions et contraintes, l’accroissement et l’intensité des contrôles réalisés par les différentes autorités vont vraisemblablement amener à toujours plus de proactivité des acteurs de paiement. L’enjeu pour l’écosystème fintech est de continuer à accompagner les commerçants dans la lignée de ces évolutions clés, en leur proposant des solutions de paiements toujours plus fluides, accessibles et sécurisées.

 


À lire également : Investissement : 5 secteurs prometteurs à forte croissance dans lesquels investir en 2025

Vous avez aimé cet article ? Likez Forbes sur Facebook

Newsletter quotidienne Forbes

Recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité business et entrepreneuriat.

Abonnez-vous au magazine papier

et découvrez chaque trimestre :

1 an, 4 numéros : 30 € TTC au lieu de 36 € TTC